La culpabilité est l’élément le plus subtile et puissamment destructeur dans la vie d’une victime de viol ou d’agression sexuelle. Plusieurs facteurs peuvent accentuer ce sentiment qui devient alors une prison supplémentaire. Les causes de la culpabilité ressentie peuvent provenir de la victime elle-même, généralement du regard qu’elle pose sur le crime et/ou de son entourage dont les jugements ou les interrogations peuvent être blessants.

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 L’AUTOACCUSATION.

  • Après l’agression subie, les fausses interrogations surgissent tôt ou tard et ne manquent pas de trouver les premières réponses fournies par la victime elle-même :
  • « Qu’ai-je fait pour mériter ce viol ? »
  •  « Pourquoi moi ? »
  •  « Comment ai-je fait pour me retrouver dans une histoire pareille ? »,
  •  « Comment ai-je pu être aussi insensé(e) pour faire confiance à mon agresseur/violeur ? »
  • Etc…

Ces faux raisonnements viennent du fait que les victimes se sentent à tort, responsables de leur vulnérabilité et cherchent à tout prix ce qu’elles ont fait pour donner à leur agresseur,  « le droit de leur infliger ces actes ». En outre, la culpabilité s’accompagne souvent du sentiment de honte et de peur de n’être ni entendu(e)ni cru(e) par l’entourage, ce qui renforce les barreaux du musellement et de l’isolement. À cette étape, nombreuses sont les victimes qui tombent dans le déni, décidant de poursuivre leur vie comme si de rien n’était.

LES ACCUSATIONS EXTERNES.

  • La culpabilité est malheureusement parfois générée par l’entourage ou les divers interlocuteurs dont les réflexionsremarques et reproches, tendent à insinuer une responsabilité de la victime face à l’horreur subie. En effet, au moment où les victimes prennent courage et décident de surmonter la hontela peur et la pudeurpour dénoncer leur agresseur à un interlocuteur proche ou aux forces de l’ordre, il peut arriver qu’un manque de tact et de délicatesse de la part de ces derniers, crée plus de dégâts qu’il ne le devrait, avec des réflexions comme :
  • – « Mais comment vous avez fait pour vous retrouver dans ce pétrin ?»
  • – « Mais que faisiez-vous seul(e) à cet endroit aussi tard ? C’est imprudent. »
  • – « Oui mais bon Madame/Monsieur, on n’invite pas n’importe qui chez soi »
  • – « Pourquoi tu t’es habillé(e) ainsi ? »
  • – « Je t’avais dit de ne pas fréquenter cet endroit où telle personne »
  • – « Je t’avais prévenu(e), tu n’écoutes jamais les conseils »
  • – « C’est ça de boire de l’alcool et de vouloir jouer à des jeux de grands »
  • – « Oui mais on ne couche pas avec n’importe qui »
  • – « Vous êtes sûr(e) que vous n’étiez pas consentant(e) ? »
  • – « Vous l’avez quand même cherché car vous avez accepté de danser avec lui /elle etc. »

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Les interlocuteurs qui font ces genres de commentaires n’ont pas conscience du poids destructeur et complice de leurs propos qui rendent légitimes, le crime commis par les violeurs ou agresseurs.

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LES MOTS EFFICACES.

  • Plus grave encore, certains membres de l’entourage proche, policiers, personnels associatifs, médecins etc, dans leur souci de recueillir le récit des victimes, posent des questions dont la maladresse peut finir de briser la vie de ces dernières :
  • – « Mais pourquoi tu t’es laissé faire ? »
  • – « Pourquoi n’as-tu rien dit ? »
  • – « Pourquoi n’as-tu pas réagi ou crié ? »
  • – « Pourquoi l’as-tu suivi ? »
  • – etc …

Ces questions devraient être évitées lorsque l’on essaie d’aider une victime d’agression sexuelle. Qui peut savoir par avance la réaction qu’il/elle aura lorsque sa vie entière est menacée ? Chaque personne réagit différemment face au dangercertains par l’autodéfense, d’autres par la soumission à cause de la peurd’autres sont sidérés et tétanisés, certains encore peuvent s’évanouirhurleretc… 

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Nul n’a le droit de faire culpabiliser une victime d’agression sexuelle!

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Ces remarques sont déplacées et criminelles car elles justifient les actes du violeur. Les seuls mots autorisés pour aider une victime sont ceux du réconfort et de la consolation ou une écoute bienveillante sans aucun jugement.

Il n’est pas rare d’ailleurs, de constater que la plupart des victimes ne vont pas plus loin dans la confidence ou les démarches judiciaires, et les abandonnent car elles se sentent coupables et pas crédibles.

PASSEZ DE VICTIME À VICTORIEUX.SE !

Au risque de me répéter, la seule question à se poser ou à poser à une victime est la suivante :

Ai-je/ avez-vous souhaité être violé(e) ou agressé(e) ?

Si vous en trouvez une qui vous réponde « oui », à cette question alors montrez-lui la définition du mot oxymore dans le dictionnaire.

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Reconnaître que l’on est une victime est loin d’être une tare car l’acceptation même de ce terme permet de regarder la réalité des faits en face afin de mieux affronter la suite ( dénonciation de son agresseur, procès, recours à un psychologue ou à une association etc.). Savoir mettre les bons mots sur chaque fait, c’est le début de la victoire et de la reconstruction.

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LE MOT DE MRS K

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Cher(e) Victorieux.se, ta confiance, ton honneur, ta volonté ont été bafoués mais ce n’est pas de ta faute. Tu as le droit d’en être blessé(e), meurtri(e), de pleurer et de vider ton sac. Mais je te demande juste une chose, même si tu en as toutes les raisons, ne te laisse pas sombrer dans l’isolement, la drogue , l’alcool, la violence, l’anorexie, les tentatives de suicide ou la honte, tous causés par la honte. Choisis la liberté et la reconstruction et n’hésite pas à nous contacter si tu as besoin d’une écoute.

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