Je dédie ce post à tous les parents, frères, sœurs, époux, épouses amis, collègues bref, à vous tous qui vous sentez impuissants face à l’agression sexuelle ou au viol vécu par vos proches. Vous souffrez de la souffrance de votre proche et avez peut-être mis votre vie entre parenthèses pour l’intérêt d’une victime. Sans votre amour, votre présence et votre bienveillance, beaucoup de victimes ne seraient plus en vie.

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UNE SOUFFRANCE SILENCIEUSE

Vos voix et sentiments sont souvent mis de côté alors que votre douleur est parfois plus intense que celle de la victime. Il ne s’agit pas ici de comparer le degré de souffrance des uns et des autres mais je parle de choses dont j’ai été témoin moi-même. En effet, il m’a fallu du temps et de la persévérance pour faire déculpabiliser ma sœur d’avoir gardé mon secret.

J’ai décidé de consacrer un article aux proches des victimes car leur souffrance, souvent ravageuse, passe inaperçue pour différentes raisons. Dans la logique de certaines personnes, l’entourage n’a pas le droit de se plaindre de sa douleur et de son ressenti , il n’a pas besoin de compréhension, d’écoute, de compassion, de bienveillance car la victime a vécu bien pire.

Pourtant, ne sont-ils pas des victimes lorsque leur vie familiale ou conjugale se trouve bouleversée du jour au lendemain en raison des séquelles laissées par le viol d’un proche ? Leur vie privée n’a t-elle pas été violée ? Ne sont-ce pas les premières personnes à affronter les critiques, les accusations et les jugements de l’extérieur ou des victimes elles-mêmes ? En effet, les proches des victimes de viol ou d’agression sexuelle sont les personnes qui supportent la honte, l’opprobre, les réflexions déplacées ou culpabilisantes :

  • – « Mais qu’est-ce que ta fille faisait avec un garçon si tard le soir ? »
  • – « Je n’aimerais pas être à ta place »
  • – « Pourquoi tu crois la victime, tu ne vois pas qu’elle ment ? »
  • – « C’est de ta faute, tu n’as pas su me protéger ! »

Ces différents facteurs vous accusent de n’avoir pas su protéger la victime, de n’avoir rien vu ni rien entendu etc… Votre solitude est parfois si forte et votre souffrance, si incomprise qu’elle se traduit  par des reproches faits à la victime « si tu m’avais écouté… », le silence, le déni ou l’indifférence feinte, allant jusqu’aux dépressions , tentatives de suicide, ulcères, cancers et d’autres maladies psychosomatiques.

D’OÙ VIENDRA LE SECOURS ?

Vous vous réfugiez pour certains, dans des dépendances variées pour tenir le coup et affronter la réalité. Il est vrai qu’il n’existe pas de mode d’emploi pour gérer ces sentiments car ce genre de drame ne devrait pas exister. Cela désarme et peut créer un sentiment d’impuissance et d’inutilité. Nombreux sont les proches de victimes qui capitulent ou se laissent accuser. Ils se posent en boucliers pour la victime proche dont ils veulent porter les souffrances et se punir de n’avoir pu les empêcher. Pourtant vous n’avez pas souhaité ce drame et n’y avez contribué ni de près ni de loin. Il est important de ne pas se laisser envahir par ces sentiments de culpabilité qui ne rendront service ni à vous, ni à votre proche.

La culpabilité génère colère, frustration et amertume et vous rend inconsciemment complices de l’agresseur.

La première étape est de sortir du silence et d’oser faire recours à une personne ou un organisme qui saura vous écouter et vous apporter soutien et réconfort. L’agresseur est peut-être une personne dont vous dépendez financièrement… mais sachez que dans des pays de droit comme la France, vous aurez toujours la possibilité de vous en sortir. Si votre pays ne vous permet pas de bénéficier avec assurance des mêmes droits qu’en France, essayez de vous renseigner sur les solutions qui existent autour de vous, mais ne restez pas dans l’isolement.

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Quelles que soient les circonstances, je vous encourage à persévérer car votre liberté n’a pas de prix et vous êtes des pilliers équipés pour soutenir les victimes. Puisez votre force dans l’amour car l’amour peut et supporte tout.

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OSER VIVRE POUR FAIRE VIVRE

  • Soutenir une victime n’est pas synonyme d’austérité et de privation du bonheur. Bien au contraire, vous avez le droit de pleurer, craquer, souffler, respirer, vivre, rire et oser penser à autre chose. Car la vie doit continuer et l’emporter sur le mal.

Oser vivre ou penser à d’autres choses, c’est accepter de vous pardonner et de choisir la liberté. Cette étape vous permettra de ne pas idolâtrer la souffrance ou le mal qui a été fait à la victime et indirectement à vous.

N’oubliez pas que la meilleure façon d’aider une victime est de rayonner d’abord vous-même de vie et de bonheur. Vous êtes l’appui, le pilier, la confidente de la victime. Vous encaissez avec elle, l’accompagnez, la soutenez en tout et pour tout. Vous la rassurez, l’encouragez, la valorisez, la poussez à aller de l’avant avec amour et bienveillance.

LE MOT DE MRS K

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La tâche ne sera pas tous les jours facile, car la victime ne pense pas comme vous et aura besoin d’être mise face à ses responsabilités afin de limiter ses travers autodestructeurs. Je vous encourage cependant à persévérer dans votre désir d’aider car tout ce que vous semez de bienveillant dans la vie d’une victime finira par porter du fruit, que vous soyez là pour le voir ou non. Il peut arriver malgré vos efforts, que la victime refuse votre aide .  Certaines décideront de mettre fin à leurs jours ou de demeurer dans leur souffrance mais vous aurez au moins fait votre part.

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J’espère que cet article vous a éclairé.

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